___Encore une fête débile, et banale. Des jeunes de partout, qui passent leurs temps à boire, fumer, et se droguer. Pas un seul de normal, enfin, je croie. On est tous réunis dans cette grande maison, avec piscine immense, jardin immense, et nombres de chambres incalculables. Vous vous demandez pourquoi je suis ici si je ne supporte pas cet univers ? Simplement car mon frère l'organise, et que j'vais pas me barrée pour lui faire plaisir...
___Je me suis encore réfugiée dans les branche de mon arbre préféré, le grand figuier. D'ici, je peux observer tout le monde, sans que personne ne puisse m'apercevoir. Et puis, au dessus de moi, il y a ce grand ciel étoilé, ou se courent après les galaxies, les constellations, les météores, les étoiles filantes, ou simplement le scintillement cristallins des faces tristes de la Lune. Je me laisse rêver. C'est si simple de s'inventer un monde joyeux, remplis de couleur, de bonheur, alors que le monde qui nous entourent est triste et cynique, en y regardant bien.
___Je suis loin du c½ur de la fête, seule, dans le grand champs qui termine la maison. Et puis, alors que je me perds dans la contemplation du ciel de la nuit, encore, une douce mélodie parvient à mes oreilles. Je regarde, le regarde. L'observe, le scrute, le calcule, et le déchiffre avec une facilité déconcertante. Il est là, au pied du figuier, une guitare sur les cuisses, une bière à la main, et si je l'avais croisé dans la rue de la même manière, il aurait eu un skate sous les fesses. Il fredonne, il gratte, il chantonne, il tâtonne. Puis, il chante, pour de bon. Et sa voix. Pas une voix de crooner, ni même super grave, ou banale. Une voix un peu plus enfantine, un chouia aigüe. Comme une idiote, je siffle d'admiration. Il relève simplement sa tête, et m'aperçoit.
_ - Je vais pas te manger, tu peux descendre de ton perchoir.
___Je lui obéis, alors que j'ai horreur de ça en temps normal. Je me laisse tomber à coté de lui, le dos contre le tronc de mon arbre. Il me regarde avec ses yeux bleus, grisés, électriques. Les mèches blondes de sa frange lui tombent sur les paupières. Son visage, un peu gamin, enfantin, mais viril à la fois. Je le détaille sans aucune gêne, pendant qu'il continue son gratouillage. Il est charmant. Et son petit sourire renforce se coté charmeur, mais pas dragueur lourd des mecs d'aujourd'hui.
_ - Pourquoi tu est ici ? me demande-t-il.
_ - J'suis la s½ur de l'organisateur. Et entre nous, j'ai horreur des fêtes dans le genre de celle-ci. C'est débile, et ça ne sert à rien, à part engendrer de nouveaux alcooliques.
_ - Humhum...
_ - Et toi, qu'est-ce que tu fais là ?
_ - J'me suis éloigné. Comme toi, j'aime pas trop. Mais mes potes ont insistés pour que je vienne. Alors me voilà. Mais loin, très loin de l'agitation. Tu dois trouver ça bizarre pour un gars comme moi, non ?
_ - Non. Tu peux être différent. C'est ce qui fait qu'on est unique. J'm'appelle Flora.
_ - Et moi Dougie. Suis-moi.
___Il se lève, passe rapidement ses mains sur ses fesses pour faire partir les quelques brins de paille du champs qui ont élus domiciles sur son postérieur, prend sa gratte, fini les trois gouttes de sa bière, me regarde et me tend sa main gauche. Je l'attrape, me relève. Il m'entraine, me fais marcher dans le champ, autour de la maison, me raconte des petites histoires sous le clair de lune. Je frissonne. J'ai froid. La nuit est déjà en place depuis longtemps, et une fine pluie commence à s'échapper des nuages blancs du ciel. Il s'en rend compte, enlève sa veste de survêt', la passe sur mes épaules. C'est lui qui est en tee-shirt maintenant. Je refuse, il campe sur ses positions.
___Passant son bras sur mon épaule, on rentrent vers le c½ur de la maison, pour se mettre au chaud. Je m'endors quelques heures plus tard, dans le silence d'une fête réussi ou ratée, je ne sais pas, en repensant encore à la mélodie et la voix enfantine de ce jeune homme si charmant et mystérieux...
Texte by me, idée par elles, merci de respecter.
Piix : Dougie Lee Poynter
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